Cinq associations tunisiennes de défense des droits humains rencontrent l’ambassadeur de Turquie à Tunis

Cinq associations tunisiennes de défense des droits humains rencontrent l’ambassadeur de Turquie à Tunis

Une délégation composée de représentants de cinq associations tunisiennes des droits humains, a fait part le vendredi 26 courant pendant une rencontre avec l’ambassadeur de Turquie en Tunisie, Omer Faruk Dogan de sa profonde préoccupation au sujet des violations continuelles de la liberté d’opinion, d’expression de presse et de la liberté académique et des atteintes à ces droits ciblant les activistes et les opposants depuis la tentative avortée de coup d’état en juillet 2016.

Les membres de la délégation composée du président de l’Association tunisienne de défense des valeurs universitaires(ATDVU) Habib Mellakh, du président du Centre de Tunis pour la liberté de presse, Mohamed Dhaouadi, Du président de l’Association Vigilance pour la démocratie et l’état civil, Kamel Labidi et du dirigeant au sein du Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie ( CRLDHT) et du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux ( FTDES), Messaoud Romdhani ont demandé l’arrêt de ces atteintes commises en infraction aux engagements internationaux de la Turquie dans le domaine des droits humains et la libération des personnes arrêtées qui n’ont pas eu recours à la violence ou qui n’y ont pas poussé.

Ils ont également remercié l’ambassadeur de Turquie pour les avoir invités à le rencontrer dans le but de débattre du contenu de la lettre que  leurs associations lui ont adressée lors de la journée mondiale de la liberté de presse ( le 3 mai ) et qui rapporte , sur la base d’informations recueillies par  le Réseau mondial de défense et de promotion de la libre expression (IFEX) :http ://www.hfex.org/ar qui regroupe 108 organisations nationales, régionales et internationales, que la Turquie «  est devenue après la tentative avortée de coup d’état survenue l’année dernière la plus grande prison de journalistes dans le monde où la plupart des    journalistes arrêtés ( 150 environ) restent encore sous les verrous ».  La lettre rappelle aussi que les mois ayant suivi le coup d’état ont vu la fermeture de plus de 180 médias et le limogeage de plusieurs milliers de personnes de leurs postes fonctionnels en raison de leurs opinions ou de leur appartenance à une association.

Les associations tunisiennes signataires de la lettre avaient appelé les autorités turques à reconnaître l’importance de l’apport vital de la presse et des associations de la société civile à la Turquie et exigé l’amendement du décret relatif à l’état d’urgence «  conformément à la Convention européenne des droits de l’homme et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques » et « l’abandon des accusations de terrorisme à l’encontre de ceux qui n’ont pas commis d’actes de violence ».

Les associations avaient également demandé «  le renvoi devant la justice  des affaires relatives aux médias ayant subi des préjudices à la suite des dernières fermetures» et «  la détermination de restrictions précises au sujet du recours à des mesures interdisant le voyage, de la confiscation des passeports et sollicité que l’on cesse  d’étendre ces mesures aux membres de la famille » et « qu’on rende aux journalistes dont la culpabilité  n’a pas été établie les lettres d’accréditation qu’on leur a confisquées ».

Mais l’ambassadeur turc a évité de débattre du contenu de la lettre après avoir  fait remarquer que l’accueil réservé aux membres de la délégation «  s’inscrivait dans le cadre des relations de fraternité et de solidarité historiques qui avaient poussé la Turquie à protéger la Tunisie de l’attaque hispano-portugaise perpétrée contre l’île de Djerba en 1560 et soldée par environ 15000 victimes tunisiennes et turques » et qui font qu’elle est toujours prête à contribuer à la protection de la Tunisie.

L’ambassadeur turc s’est également attardé sur la tentative avortée de coup d’état survenue le 15 juillet 2016 et qui fait 246 tués et 2500 blessés dans les rangs de la population civile, ce qui a nécessité l’état d’urgence et la révocation de leur travail  de 132000 personnes environ qui appartiennent pour la plupart à l’armée, aux forces de l’ordre et pour 20% au secteur de l’enseignement. Il a déclaré que « l’organisation de Fethullah Gülen » était derrière  la tentative du coup d’état, la présentant comme un mouvement « terroriste, plus dangereux qu’Al Quaïda ».

Il a ajouté que personne ne se souciait dans les pays occidentaux  des victimes de la tentative de coup d’état en Turquie ni des crimes commis contre le peuple syrien, mettant en doute les enquêtes et l’autonomie de décision des organisations des droits de l’homme et a appelé les représentants des associations tunisiennes à dialoguer avec lui sur l’unique  base    des informations publiées   dans trois rapports officiels élaborées par le secrétariat général de la présidence de la république turque, la Présidence du gouvernement et l’agence de presse Anatole au sujet de la tentative de coup d’état et « de l’exploitation par la religion et par le mouvement Gülen de l’Etat terroriste parallèle ».

Aussi les délégations signataires de la lettre considèrent-elles que la réponse de l’ambassadeur turc n’est pas convaincante et qu’elle n’apporte aucune précision au sujet des tenants et des aboutissants des campagnes d’arrestation et de limogeage qui ciblent les journalistes, les activistes. Elles s’engagent à poursuivre la coordination avec les organisations turques des droits humains qui sont indépendantes et les organisations internationales dans le but de mettre fin aux violations commises par le gouvernement turc.

Les associations signataires

  • l’Association tunisienne de défense des valeurs universitaires(ATDVU)
  • de Tunis pour la liberté de presse
  • L’Association Vigilance pour la démocratie et l’état civil
  • pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT)
  • Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux ( FTDES)

 


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